Lettre de l'Union des Radiologues de France

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Chers Confrères,

Nous sommes nés de l’avenant 8 que nous avons estimé comme le point de départ de la mort annoncée de la radiologie de qualité. Nous avions prédit que cet avenant était le début du sacrifice de la médecine libérale et hospitalière de qualité. Que les syndicats qui ont signé ce que nous considérons comme le socle de la loi santé se rendent compte de ce qu’ils ont fait.

Ces mêmes syndicats appellent pour une fois à la fermeture unitaire des cabinets entre le 24 et le 31 décembre. Le conseil de l’Ordre, l’Académie de médecine, tous les syndicats et de nombreuses associations de défense de la médecine appellent unanimement à dire non à cette loi santé. C’est dire la gravité de la situation si même les signataires du passé s’inquiètent de la « bête » qu’ils ont pourtant créée.


La radiologie, laboratoire d’idées et d’essais pour notre gouvernement, peut en effet servir d’exemple. De l’aveu même de F Van Roeckeghem, sa fierté est d’avoir mené pendant 10 ans des négociations « unilatérales » avec la radiologie qui nous ont menés au modèle expérimental de la loi santé. En effet, cette loi instaure des négociations conventionnelles qui se feront uniquement dans un cadre prédéfini par le ministre de la Santé ce qui veut dire en clair « des négociations unilatérales » expérimentées par F Van Roeckeghem et que nous pensions bloquées par la carence de l’UNCAM concernant notre spécialité.

Cela permettra de reprendre la braderie de la radiologie et de l’étendre à toutes les autres spécialités. Les autorisations de matériels lourds scanner et IRM sont déjà aux mains des ARS et des ministères avec comme conséquences la dernière place européenne en nombre d’IRM et des autorisations données au compte-goutte avec des priorités parfois incompréhensibles ou injustes.

La loi santé n’est que la généralisation de cela à toute la médecine. L’installation des radiologues est déjà orientée par les plateaux d’imagerie lourds et finalement soumise aux autorisations ARS laissant mourir les cabinets de proximité. La loi santé, c’est la fin de la liberté d’installation appliquée à tous les médecins. Les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) sont déjà un moyen pour les ARS d’imposer le secteur d’activité aux radiologues (vous n’aurez votre IRM ou votre scanner que si vous pratiquez un certain pourcentage de secteur 1…) voire dans certains cas d’imposer le type d’activité (vous ferez tant d’IRM corps entiers ou tant d’IRM cardiaques…).

Poussés par la nécessité d’obtenir ces équipements lourds pour offrir l’accès aux soins, les radiologues acceptent quasiment contraints et forcés ces objectifs. Même si la ministre laisse croire "céder sur l’autorisation du secteur 2" dans les cliniques, les ARS imposeront contractuellement un pourcentage qu'elles reverront à la hausse chaque année, aboutissant finalement au même résultat.

La majorité des radiologues pratiquent déjà le tiers payant avec une véritable armée de secrétaires occupées à faire rembourser les honoraires des médecins. Comment une petite structure pourra assumer cela ? Verrouillés par la sécu, les tarifs médicaux baisseront comme en radiologie sans aucune possibilité de résistance laissant la place aux mutuelles qui deviendront les payeurs quasi exclusifs et viendront manger les restes du cadavre de la médecine française.

Les hôpitaux ne seront pas épargnés avec des CDD pour les PH qui perdront la liberté d’installation en libéral. Plus aucune marge de négociation pour des médecins et des patients définitivement verrouillés.

Soyons solidaires, même si la date paraît mal choisie, nous devons fermer complètement nos cabinets. En effet, certains radiologues motivés font grève et se font remplacer par des collègues moins motivés donnant l’impression de cabinets « ouverts », ce qui donnera le bâton aux médias et au gouvernement. Soyons conscients de la gravité de la situation, ne regardons pas notre voisin pour décider de fermer. Fermons nos structures afin que l’Etat se rende compte de notre motivation et de notre solidarité.

Cela n’est qu’un coup de semonce qu'il faudra sans doute renouveler en période de pleine activité comme s’apprêtent à le faire courageusement toutes les cliniques à l’appel de la FHP. Nous appelons également les radiologues des cliniques qui fermeront leurs portes le 5 janvier à suivre ce mouvement sans précédent, car ce sont elles les plus gravement visées par la loi santé.

Année après année nos prédictions se réalisent et la colère monte. Il faut que cela cesse.

Rien n’est fini, tout commence.
L’URF

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